| Un lion de haut parentage En passant par un certain pré, Rencontra bergère à son gré Il la demande en mariage. Le père aurait fort souhaité Quelque gendre un peu moins terrible. La donner lui semblait bien dur; La refuser n'était pas sûr; Même un refus eût fait possible, Qu'on eût vu quelque beau matin Un mariage clandestin ; Car outre qu'en toute matière La belle était pour les gens fiers, Fille se coiffe volontiers D'amoureux à longue crinière. Le père donc, ouvertement N'osant renvoyer notre amant, Lui dit " Ma fille est délicate; Vos griffes la pourront blesser Quand vous voudrez la caresser.
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| Permettez donc qu'à chaque patte On vous les rogne, et pour les dents, Qu'on vous les lime en même temps. Vos baisers en seront moins rudes, Et pour vous plus délicieux ; Car ma fille y répondra mieux, Etant sans ces inquiétudes." Le lion consent à cela, Tant son âme était aveuglée ! Sans dents ni griffes le voilà, Comme place démantelée. On lâcha sur lui quelques chiens Il fit fort peu de résistance. Amour, amour, quand tu nous tiens, On peut bien dire " Adieu prudence!"
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